L'ancienne mairie-école de Bois d'Arcy. La maison Commune
L'aménagement du cheminement piétonnier conduisant de la place de l'église aux écoles Vigée-Lebrun et Frédéric-Mistral est l'occasion de se pencher sur l'histoire du lieu situé entre le café et le garage communal où a été établi récemment un parc de stationnement. Les anciens Arcisiens connaissent son importance, puisque pendant cent trente ans -de 1842 à 1972- cet espace actuellement dévolu au repos des automobiles a été occupé par le bâtiment de la mairie-école de Bois d'Arcy.
La porte centrale ouvrait sur un vestibule et l'escalier conduisant à l'étage. Les deux fenêtres de droite au rez-de-chaussée éclairaient la salle de classe et les deux fenêtres de gauche la salle de la mairie. Le mobilier de la salle de classe était constitué "d'une estrade avec table pour le maître, quatre tables et leur bancs de 5m de longeur, un grand tableau de démonstration et six plus petits, une armoire avec tablette pour les livres et un poêle". La salle de classe était divisée en deux parties : au sud, les garçons qui entraient par la porte centrale et au nord les filles qui entraient par une petite porte sur le côté ! La salle de la mairie était chauffée par une cheminée et comportait un local d'archives éclairé par une fenêtre sur l'arrière du bâtiment. Au premier étage, le logement de l'instituteur comportait une entrée, une grand cuisine, une grande chambre à cheminée et deux autres pièces plus petites.
En 1850, une "large crevasse" apparut dans le mur de façade. L'architecte proposa alors d'arrêter le mouvement au moyen de tirants de fer. Entre-temps, la construction d'une école de filles avait permis d'affecter la précédente aux garçons uniquement. À la fin des années 1930, on décidera la construction d'un nouveau groupe scolaire qui deviendra l'école Turpault. Une nouvelle mairie était prévue à proximité en 1938, mais le projet ne fut pas développé davantage en raison des événements. Enfin, les services municipaux étant désormais à l'étroit dans un édifice de l'époque de Louis-Philippe, on construira l'hôtel de ville actuel en 1966. Notons à ce propos que ce dernier avait été conçu "pour permettre le fonctionnement normal des services communaux pour une population qui pourrait atteindre 20 000 habitants". Voilà qui laisse rêveur ! En 1972, devant l'état du bâtiment de l'ancienne mairie, on préféra la démolition à une époque où la mode n'était pas encore à la réhabilitation.
Sur les traces de l'ancienne mairie
Lorsqu'on entre dans le parc de stationnement, on franchit l'espace où était établi le mur de clôture de la cour de la mairie. Il reliait le départ du mur de droite qui subsiste, à l'actuel garage communal. Au niveau du premier réverbère, on pouvait voir une buanderie (dans l'angle), puis un petit préau couvert. Le puits était à gauche, à l'emplacement de la quatrième place de stationnement. La mairie avait été édifiée parallèlement à la rue. Elle occupait les cinquième et sixième places de gauche (contre le garage actuel) et continuait sur la droite, ne laissant qu'un étroit passage de l'épaisseur de l'actuel trottoir, à la hauteur du décrochement dans le mur de clôture à droite. Deux W.C. étaient placés au niveau du deuxième réverbère. La cour de récréation occupait le quart du parc de stationnement au fond à droite. L'actuelle grille du chemin piétonnier en constituait la limite. Il ne reste donc pas de vestiges de l'ancienne mairie-école. Mais plus de cent cinquante ans plus tard, l'endroit résonne encore des cris des élèves.
Eric Thiébaud
Sources :
Archives communales de Bois d'Arcy : Délibérations du Conseil Municipal
Archives Départementales des Yvelines : 2 O 27/ 3