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Une famille arcisienne. La vie des Grandin


Bois d'Arcy conserve des traces architecturales de son passé, comme l'Église Saint-Leu-Saint-Gilles ou la bibliothèque de la Tremblaye. Cependant, les différentes résidences de notre ville, logements collectifs ou individuels des années 1960 à nos jours, ont tendance à nous faire oublier le village tel qu'il existait jusqu'au début du XXe siècle. De nouveaux habitants, arrivés depuis les années 1930, ont fait passer la population de 700 vers 1900, à 12000 actuellement. C'est dire si dans leur immense majorité les familles arcisiennes sont d'implantation récente. Pourtant, toutes ne le sont pas. Certains noms encore portés de nos jours sont déjà signalés au XVIIIe siècle. A ce titre, un document peut servir de référence; il s'agit du cahier de doléances établi en vue de la réunion des États Généraux.

Le 15 avril 1789, le feuillet est signé des noms suivants : David, Liou (deux fois), Petit, Marc, Dablon, Chevalier, Lefèvre, Lalande, Paris, Galichon, Hébert, Quidé, Villaume, Bias, Dalotel, Collet, Bossu, Gillot, Grandin, Pourelle, Le Viel, C. Hébert et Pluchet. Voici les patronymes de celles qu'on peut légitimement considérer comme les anciennes familles de Bois d'Arcy.

Ainsi, on relève le nom de Grandin, encore porté de nos jours. Comme la majorité des signatures de l'acte, celle-ci est tracée à la plume d'une façon malhabile. Les lettres ne sont pas reliées entre elles. Peut-être son auteur, comme tant d'autres à cette époque, ne maîtrisait-il pas parfaitement l'art d'écrire. Le patronyme est connu. Il est familier des collectionneurs de cartes postales qui peuvent le relever sur la façade d'un débit de boissons arcisien, actuellement le "Bois d'Arcy".
Pourtant, paradoxalement, cette ancienne famille est d'origine récente puisqu'elle n'est signalée pour la première fois dans notre village qu'en janvier 1775, soit la première année du règne de Louis XVI.

Le 15 janvier de cette année-là, Jean-Baptiste Grandin fait baptiser son fils Jean-Baptiste à l'Église Saint-Leu-Saint-Gilles. La profession du père est indiquée, il est jardinier. Il travaille peut-être chez les Flament puisque le parrain est "Me Pierre Flament, écuyer, garçon de la chambre de Mr le comte d'Artois et commis de la guerre" et la marraine "Elisabeth Barnabé Flament femme de Me Michel Gousset, commis principal au département des affaires étrangères". Peut-être aussi figure-t-il parmi les employés du parc de Versailles ?

Pendant la Révolution, Grandin soumet à l'administration de Seine-et-Oise, en l'an VI de la République, une demande en vue "d'obtenir la permission de tirer de la pierre dans les places vagues du taillis de la Butte Rouge". Le Département considère "qu'il y a des inconvénients réels" à donner cette permission, mais note cependant "qu'on avait permis il y a environ un an au pétitionnaire de tirer quelques voitures de pierres". Pour conclure, la requête est refusée afin de ne pas en "faire naître d'autre (sic) de ce genre".

L'un des ses successeurs, Henri-Frédéric Grandin, naît en 1833. En 1866, il achète à son beau-père, avec son épouse Eloïse Beunon, le fonds de commerce de marchand de vin-épicier-mercier situé au 52, avenue Paul Vaillant-Couturier. C'est l'origine du "café Grandin" ou plus exactement, comme on le relève sur une carte postale de 1900 "COMce de VINS GRANDIN. CAFÉ BILLARD". Henri Frédéric meurt en 1913. Son fils Henri deviendra maire de Bois d'Arcy de 1919 à 1921. Il possédait la ferme (qui subsiste) jouxtant le café tandis que sa soeur avait hérité du commerce. La fille d'Henri Grandin, madame Lalande, sera ensuite propriétaire du café, tandis que la ferme a échu à Gaston Grandin. La famille Grandin témoigne ainsi de l'attachement que marquent au fil des siècles certains habitants pour leur village. Par les liens qui l'unissent à d'autres familles originaires de Bois d'Arcy et par son empreinte dans la vie locale, elle est un des éléments, comme chacun d'entre nous à sa façon, de la vie et de l'Histoire de notre ville.

Eric Thiébaud

Remerciements à Madame Grandin



1/ Signature de J.-B. Grandin en 1789


Le Café Grandin vers 1900. Mme Grandin et Mme Grandin née Beunon, mère et épouse du Maire Henri Grandin.

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