300 ans plus tôt ! Bois d'Arcy. An 1700…
Il ne vous aura sans doute pas échappé qu'une partie du monde a fêté avec faste le passage à l'an 2000. Il y a cent ans, on vivait à l'heure de la fée Électricité, popularisée par l'Exposition Universelle de 1900. Qu'en était-il à Bois d'Arcy il y a trois siècles, en l'an 1700 ?
En premier lieu, on peut supposer que nos prédécesseurs attendent avec impatience la mort du "vieux" roi Louis XIV qui règne déjà depuis cinquante sept ans. Pourtant, celui qui a enfermé notre village dans son Grand Parc en 1684 ne rendra le dernier soupir que dans quinze ans. En attendant, il installe le 16 novembre sur le trône d'Espagne son petit-fils, le duc d'Anjou, qui régnera sous le nom de Philippe V.
Cet événement capital pour le pays ne semble pas concerner nos villageois outre mesure. À Bois d'Arcy, la vie suit son cours. L'an 1700 est une année comme une autre. Depuis sept ans déjà, le curé est François Dubucq. Le 20 janvier, Marie Jarry, l'épouse de Claude Pluchet, tailleur d'habits, meurt à l'âge de 29 ans. Elle est inhumée le lendemain dans l'église Saint-Leu-Saint-Gilles. Quinze jours plus tard, la fille de Gabriel Suret a pour parrain "Antoine Salomon garçon de cuisine chez Monseigneur de la paroisse de Versailles". Le parrain est l'un des nombreux employés du propre fils de Louis XIV, le Grand Dauphin qui mourra avant son père en 1711. Le 31 mars, Marguerite Tirmouis, seconde femme de Laurent Jarry, laboureur, est inhumée dans l'église à l'âge de 21 ans en présence de plusieurs prêtres dont Pierre Buisson "sous-prieur des Bordes de la paroisse de Villepreux". Le 10 mai, on inhume le bedeau de la paroisse, Pierre Josse, âgé de 65 ans.
Le mois suivant, son fils Pierre épouse Marie Alexandre en présence de "Mre Claude Prévost Mtre peintre à Paris" et de "Marin Sénéchal huissier au Chatelet". Le 24 septembre, le village est témoin d'une inhumation peu ordinaire. "Un jeune homme inconnu revenant du pèlerinage de St Michel aagé de vingt quatre ans ou environ est mort subitement dans cette paroisse qui estoit natif d'un village sous la rivière de Marne et a esté inhumé au cimetière de cette église en présence de Jacques Voyer chez qui il est décédé". Le 17 octobre, on baptise la fille d'Antoine Bourgois, "garde des plaisirs" du roi.
Ne ricanons pas comme certains historiens devant cette profession très honorable malgré les apparences, puisqu'il s'agit tout simplement d'un garde-chasse, les chasses étant nommées "les Plaisirs du roi". Le parrain est "Mre François du Trivier garde des rigoles de sa majesté de cette paroisse". Ce dernier est cité dans les comptes des bâtiments du Roi. Deux mois plus tôt, un certain Fourier a reçu 139 livres 15 sols "pour le cheval et équipage qu'il a payé pour remonter le Sr Trivier garde de l'étang de Trappes et d'Arcy, au retour du vieux cheval qu'il avait".
Du Trivier, en effet, est chargé d'inspecter les étangs et rigoles de Trappes et Bois d'Arcy achevés depuis une quinzaine d'années. Il faut parfois effectuer des travaux de maçonnerie. Cette année-là, c'est Léonard Fourneau qui en est chargé. Il recevra pour cela 618 livres 17 sols 9 deniers. D'autre corps de métiers sont concernés : un charpentier, Radiguet ; un serrurier, Bressin et un chauffournier, Roger, qui livre en 1700, quarante-neuf poinçons de chaux. Le 3 novembre, on baptise une fille de Jean Perron, laboureur.
Le parrain est Jacques Deschamps, "receveur de la terre et seigneurie de Villepreux". Le dernier acte est émouvant. Il s'agit du décès le 18 décembre de Guillaume Mauduit, âgé seulement de 12 ans, originaire de Chartres et demeurant depuis six mois à Bois d'Arcy. L'année 1701 à Bois d'Arcy ressemblera à celle-ci, tandis que Monsieur, Philippe de France, duc d'Orléans, frère de Louis XIV rendra son âme à Dieu.
Eric Thiébaud
Sources : Archives communales, Registres paroissiaux.
Archives départementales : comptes des Bâtiments du Roi.