BOIS D'ARCY
Bandeau inférieur
Origine de Bois d’Arcy300 ans plus tôt !La Vie sous Louis XVILes noms de ruesAlexandre TurpaultBois d'Arcy et Sacha GuitryL'ancienne école des fillesBâtiments Saint-Gilles, l'églisePatrimoineL'ancienne Mairie-école

Origine du nom de Bois d’Arcy
La première mention du nom de Bois d’Arcy remonte à 1169, dans le titre d’Arnaud, seigneur de Villepreux : «Sylvaim de Arsitio» et «in sylva Arsitio». En latin, «sylva» signifie «bois».

Notre commune est donc à l’origine un bois. Au XIVe siècle, «sylva» est remplacé par «boscus» qui deviendra «bois». Quant à la seconde partie du nom, «Arcy», elle a connu différentes formes : «Arsitio», «Arsitii» et «Arcissi». «Arsi» étant le participe passé du verbe «ardeo» qui signifie brûler, «le bois d’Arcy» (ou «bois arcis») est un bois brûlé.
Si le territoire de notre commune a été qualifié jadis de «bois brûlé», c’est tout simplement qu’il a été défriché par le feu au cours des XIe et XIIe siècles.

La France étant alors encore occupée en grande partie par des forêts, seuls des défrichements intensifs pourront permettre l’implantation de nouvelles communautés. Très souvent ce sont des moines qui se chargent de cette tâche et la tradition cite les moines de Marmoutier comme défricheurs du bois d’Arcy.

Les terres empruntées à la forêt attirent une nouvelle population qui nécessite la fondation d’une paroisse.
L’église Saint-Gilles est citée pour la première fois en 1203 et la nouvelle paroisse en 1220.
La naissance de Bois d’Arcy trouve son origine dans le don de terre que firent au XIIe siècle les seigneurs de Villepreux aux moines de Marmoutier.

Le nombre des habitants augmentant au fur et à mesure que l’on défrichait les terres et que l’on essartait les bois, le besoin d’ériger une paroisse s’imposa au XIIe siècle. C’est à cette même époque que l’on construisit une église dédiée à Saint-Gilles dont l’Abbé de Marmoutier devint le dénominateur.

ZoomDepuis janvier 2015 : nouvelle identité graphique
L’image de la Ville de Bois d’Arcy change et évolue. Aussi, pour renforcer son identité, Bois d’Arcy dispose depuis janvier 2015 d’une nouvelle signature, reflet d’une image plus contemporaine de la commune.

La présence d’une feuille d’arbre et de deux brins d’herbe rappelle notre référence à l’univers boisé qui domine mais surtout la volonté de préserver notre environnement et cadre de vie.

À savoir
Superficie :
548 hectares dont 217 hectares de forêt.

Population :
13 994 habitants (01/01/2014).

Nom des habitants :
Arcisiens, Arcisiennes.

philippe_vZoomPhilippe V, roi d'Espagne en 1700. Peint par Hyacinthe Rigaud (Détail. Musée de Versailles)300 ans plus tôt ! Bois d'Arcy. An 1700...
Il ne vous aura sans doute pas échappé qu'une partie du monde a fêté avec faste le passage à l'an 2000. Il y a cent ans, on vivait à l'heure de la fée Électricité, popularisée par l'Exposition Universelle de 1900. Qu'en était-il à Bois d'Arcy il y a trois siècles, en l'an 1700 ?
En premier lieu, on peut supposer que nos prédécesseurs attendent avec impatience la mort du "vieux" roi Louis XIV qui règne déjà depuis cinquante sept ans. Pourtant, celui qui a enfermé notre village dans son Grand Parc en 1684 ne rendra le dernier soupir que dans quinze ans. En attendant, il installe le 16 novembre sur le trône d'Espagne son petit-fils, le duc d'Anjou, qui régnera sous le nom de Philippe V.

Cet événement capital pour le pays ne semble pas concerner nos villageois outre mesure. À Bois d'Arcy, la vie suit son cours. L'an 1700 est une année comme une autre. Depuis sept ans déjà, le curé est François Dubucq. Le 20 janvier, Marie Jarry, l'épouse de Claude Pluchet, tailleur d'habits, meurt à l'âge de 29 ans. Elle est inhumée le lendemain dans l'église Saint-Leu-Saint-Gilles. Quinze jours plus tard, la fille de Gabriel Suret a pour parrain "Antoine Salomon garçon de cuisine chez Monseigneur de la paroisse de Versailles". Le parrain est l'un des nombreux employés du propre fils de Louis XIV, le Grand Dauphin qui mourra avant son père en 1711.

Le 31 mars, Marguerite Tirmouis, seconde femme de Laurent Jarry, laboureur, est inhumée dans l'église à l'âge de 21 ans en présence de plusieurs prêtres dont Pierre Buisson "sous-prieur des Bordes de la paroisse de Villepreux". Le 10 mai, on inhume le bedeau de la paroisse, Pierre Josse, âgé de 65 ans.

Le mois suivant, son fils Pierre épouse Marie Alexandre en présence de "Mre Claude Prévost Mtre peintre à Paris" et de "Marin Sénéchal huissier au Chatelet". Le 24 septembre, le village est témoin d'une inhumation peu ordinaire. "Un jeune homme inconnu revenant du pèlerinage de St Michel aagé de vingt quatre ans ou environ est mort subitement dans cette paroisse qui estoit natif d'un village sous la rivière de Marne et a esté inhumé au cimetière de cette église en présence de Jacques Voyer chez qui il est décédé". Le 17 octobre, on baptise la fille d'Antoine Bourgois, "garde des plaisirs" du roi.
Ne ricanons pas comme certains historiens devant cette profession très honorable malgré les apparences, puisqu'il s'agit tout simplement d'un garde-chasse, les chasses étant nommées "les Plaisirs du roi".

Le parrain est "Mre François du Trivier garde des rigoles de sa majesté de cette paroisse". Ce dernier est cité dans les comptes des bâtiments du Roi. Deux mois plus tôt, un certain Fourier a reçu 139 livres 15 sols "pour le cheval et équipage qu'il a payé pour remonter le Sr Trivier garde de l'étang de Trappes et d'Arcy, au retour du vieux cheval qu'il avait".

Du Trivier, en effet, est chargé d'inspecter les étangs et rigoles de Trappes et Bois d'Arcy achevés depuis une quinzaine d'années. Il faut parfois effectuer des travaux de maçonnerie. Cette année-là, c'est Léonard Fourneau qui en est chargé. Il recevra pour cela 618 livres 17 sols 9 deniers. D'autre corps de métiers sont concernés : un charpentier, Radiguet ; un serrurier, Bressin et un chauffournier, Roger, qui livre en 1700, quarante-neuf poinçons de chaux. Le 3 novembre, on baptise une fille de Jean Perron, laboureur.

Le parrain est Jacques Deschamps, "receveur de la terre et seigneurie de Villepreux". Le dernier acte est émouvant. Il s'agit du décès le 18 décembre de Guillaume Mauduit, âgé seulement de 12 ans, originaire de Chartres et demeurant depuis six mois à Bois d'Arcy.

L'année 1701 à Bois d'Arcy ressemblera à celle-ci, tandis que Monsieur, Philippe de France, duc d'Orléans, frère de Louis XIV rendra son âme à Dieu.

Ecole TurpaultAlexandre Turpault a donné son nom à une école et la rue qui l'abrite. Alexandre Turpault (1889-1941). Un maire moderne et citoyen
Le nom d'Alexandre Turpault évoque plus aujourd'hui un groupe scolaire ou une rue que l'ancien maire de notre ville fusillé par les nazis en 1941. L'heure de la rentrée est une bonne occasion de se souvenir.

Alexandre Turpault est originaire du Maine-et-Loire où son patronyme est encore fréquent. Il est né en 1889 à Puy-Notre-Dame. Il sera cheminot. Militant communiste, il devient maire en 1935, à l' âge de 46 ans. Il était déjà conseiller municipal depuis 1929. Sa personnalité et son engagement vont marquer profondément la vie du village. Deux jours après son élection, la nouvelle municipalité met en place neuf commissions... pour une population de 1132 habitants ! Un mois plus tard est décidée la création de la première garderie d'enfants de la ville qui ne verra le jour que l'année suivante pour des raisons financières.

Le nouveau maire va de l'avant : il réclame le téléphone à la mairie pour 1936. Une machine à écrire est ensuite achetée pour 1000 francs, ainsi qu'un duplicateur. Une horloge électrique est installée sur le clocher de l'église. Des mesures importantes sont prises, comme l'organisation d'un service d'ordures ménagères hebdomadaire et la création du corps des Sapeurs-Pompiers. Le groupe scolaire est édifié et le lotissement est rattaché à la commune. Sur le plan social, des subventions nombreuses destinées principalement aux enfants sont votées. Ainsi des jeux sont achetés pour le patronage laïc, des jouets sont distribués à Noël et une fête enfantine est organisée par les Jardins Ouvriers de France. Les "enfants d'ouvriers poursuivant leurs études dans des écoles supérieurs ou professionnelles" bénéficient d'une somme globale de 1500 francs. En 1937, la première colonie de vacances est organisée. Vingt enfants peuvent partir à la mer.

Les rues de Bois d'Arcy n'avaient pas encore de nom. Le 2 août 1936, elle reçoivent celui de personnalités de gauche ou révolutionnaires qu'elles portent encore pour la plupart, comme l'avenue Jean-Jaurès et les rues Hoche, Robespierre, Louise-Michel, Danton ou Camille-Desmoulins. Seule la place Lénine semble quelque peu provocatrice puisqu'il s'agit de la place de l'église. En 1938, quelques mois après le décès du directeur de L'Humanité, une partie de l'avenue Jean-Jaurès est baptisée Paul Vaillant-Couturier.

L'originalité de Turpault réside aussi dans les prises de position qu'il fait adopter par le Conseil municipal. En effet, soutenant la cause des républicains dans la guerre civile en Espagne, il fait demander le 28 août 1936 au Front Populaire de cesser d'observer sa neutralité "qui correspondrait à l'étranglement de la République Espagnole" et demande la livraison de matériel et d'armes, "considérant que le peuple de France attend avec une grande anxiété que de telle mesures soient prises pour l'émancipation totale des travailleurs et l'écrasement du fascisme dans le monde". Plus concrètement, la maire fait préparer l'hébergement à Bois d'Arcy d'éventuels réfugiés espagnols ! En 1938, il fait voter 200 francs pour l'achat d'une ambulance et de médicaments destinés à l'Espagne.

Le 5 octobre 1939, Turpault est démis de ses fonctions. Il entre dans la Résistance. Arrêté deux fois, il est fusillé en compagnie du député communiste Gabriel Péri le 15 décembre 1941 au Mont-Valérien. "Je meurs innocent et en brave" écrivait-il à son épouse le 14. Lorsqu'il demanda pourquoi on le fusillait, on lui répondit "que l'on savait que je n'avait rien fait maIs que c'était comme otage". Sa dernière phrase est accusatrice : "Remercie bien ceux qui sont un peu la cause de ma mort ; on pardonne aux lâches".

En 1944, le conseil "décide qu'un agrandissement de la photographie de M. Turpault, maire fusillé, sera exécuté et placé solennellement dans la salle des séances du conseil". Le groupe scolaire et la route qui passe devant reçoivent son nom. En 1945, le corps de Turpault est inhumé au cimetière de Bois d'Arcy. La délibération du conseil n'ayant pas été annulée, où est donc passé le portrait de cette grande figure arcisienne, ce maire moderne, courageux et altruiste, mort pour la France ? Nous en sommes au point de n'avoir plus aucune idée de son visage. Élèves de l'école Turpault, voici un bon sujet d'enquête pour la rentrée...

Éric THIÉBAUD
Sources : Archives départementales des Yvelines 3 E 48/103

Les noms de rues
Certains habitants du récent quartier de la  Croix-Bonnet ont été surpris par le choix du nom de leur rue, imprononçable pour certains, difficile à orthographier ou encore inconnu pour d’autres. Qui choisit donc les noms de rues et comment ?

Au XXe siècle, les noms de personnages célèbres entrent en scène
On admet que les noms des rues se sont fixés au Moyen Age et ne concernaient alors que les villes et les bourgs. On n'en était pas à donner systématiquement des noms aux rues des plus petits villages.
À Bois d'Arcy, les noms des rues semblent s'être fixés au XVIIIe siècle : la place où était érigée l'église, était nommée "Place de l'Église", la rue où passaient les vaches devenait logiquement la "rue aux vaches" (devenue plus récemment "rue du Parc", plus poétique)…

L’après guerre voit naître des noms de musiciens, de peintres, de fleurs...
Au XXe siècle, si les noms d'usage sont parfois conservés, des noms de personnages célèbres vont être donnés dans les villages à certaines voies, comme dans les grandes villes. À Bois d'Arcy, c'est en 1926 que va apparaître toute une série de noms nouveaux donnés à des voies nouvelles, notamment lors de la création du lotissement de la Chapelle Saint-Jean. Ces noms, donnés sans aucune logique, évoquent des écrivains comme Florian, Lamartine ou Émile Zola, des aviateurs comme Ader ou Guynemer, ou encore des artistes en rapport avec le château de Versailles, comme Mansart et Le Nôtre.

En 1936, de nouveaux noms seront attribués à des voies anciennes, à l'imitation de ce qui se faisait dans les villes alors détenues par des maires communistes, mettant en avant révolutionnaires ou hommes politiques. C’est ainsi que lors de la séance du Conseil municipal du 2 août 1936, la "Place de l'Église" devient "Place Lénine". Apparaissent alors dans le paysage arcisien les noms de Robespierre, Camille Desmoulins, Louise Michel, Danton, Voltaire, Hoche ou Jean Jaurès.

Raymond FalaizePendant la guerre, on débaptise 7 rues nommées en 1936. Apparaît alors de façon très provisoire le nom d'André Maginot... À la Libération, les 7 rues reprennent leur nom de 1936. Trois autres sont débaptisées afin de recevoir le nom de trois victimes arcisiennes du nazisme : Alexandre Turpault, maire ; Marcel Hirbec et Raymond Falaize. Dans les années 1960- 1970, la résidence de la Petite Tremblaye reçoit des noms de musiciens : Georges Bizet, Mozart, Camille Saint-Saëns ou Maurice Ravel. La résidence de l'Église reçoit des noms de peintres : Toulouse- Lautrec, Eugène Delacroix ou Paul Gauguin.

À la Croix-Blanche, on choisit des noms de scientifiques : Édouard Branly, Ambroise Paré ou René Laënnec, tandis qu'à Champ d'Arcy fleurissent les noms... de fleurs : myosotis, pervenches et jonquilles. Les résidences proches de la rue Voltaire reçoivent logiquement des noms d'écrivains : Pierre Corneille, Molière ou La Bruyère. En 1985, lors de sa séance du 1er octobre, le Conseil municipal, compte tenu du fait que les Arcisiens continuaient à donner à la "Place Lénine" le nom de "Place de l'Église", "pour situer géographiquement le lieu", décida à une majorité de 31 voix de redonner à la place son nom traditionnel.

Aujourd'hui le cinéma est à l'honneur à la Croix-Bonnet
Lors de la création des voies de la Croix- Bonnet, le Conseil municipal a souhaité mettre en valeur le fait que le territoire de notre ville accueille les Archives Françaises du Film du CNC, en donnant aux rues nouvelles le nom d'acteurs et d'actrices représentatifs de l'âge d'or du cinéma. Ont ainsi été sélectionnés des noms qui peuvent surprendre certains nouveaux arrivants, mais qui correspondent à un choix cohérent dans une ville où l'on souhaite mettre en avant le patrimoine cinématographique.

Éric THIÉBAUD

Ecole TurpaultZoomAlexandre Turpault a donné son nom à une école et la rue qui l'abrite. Alexandre Turpault (1889-1941). Un maire moderne et citoyen
Le nom d'Alexandre Turpault évoque plus aujourd'hui un groupe scolaire ou une rue que l'ancien maire de notre ville fusillé par les nazis en 1941. L'heure de la rentrée est une bonne occasion de se souvenir.

Alexandre Turpault est originaire du Maine-et-Loire où son patronyme est encore fréquent. Il est né en 1889 à Puy-Notre-Dame. Il sera cheminot. Militant communiste, il devient maire en 1935, à l' âge de 46 ans. Il était déjà conseiller municipal depuis 1929. Sa personnalité et son engagement vont marquer profondément la vie du village. Deux jours après son élection, la nouvelle municipalité met en place neuf commissions... pour une population de 1132 habitants ! Un mois plus tard est décidée la création de la première garderie d'enfants de la ville qui ne verra le jour que l'année suivante pour des raisons financières.

Le nouveau maire va de l'avant : il réclame le téléphone à la mairie pour 1936. Une machine à écrire est ensuite achetée pour 1000 francs, ainsi qu'un duplicateur. Une horloge électrique est installée sur le clocher de l'église. Des mesures importantes sont prises, comme l'organisation d'un service d'ordures ménagères hebdomadaire et la création du corps des Sapeurs-Pompiers. Le groupe scolaire est édifié et le lotissement est rattaché à la commune. Sur le plan social, des subventions nombreuses destinées principalement aux enfants sont votées. Ainsi des jeux sont achetés pour le patronage laïc, des jouets sont distribués à Noël et une fête enfantine est organisée par les Jardins Ouvriers de France. Les "enfants d'ouvriers poursuivant leurs études dans des écoles supérieurs ou professionnelles" bénéficient d'une somme globale de 1500 francs. En 1937, la première colonie de vacances est organisée. Vingt enfants peuvent partir à la mer.

Les rues de Bois d'Arcy n'avaient pas encore de nom. Le 2 août 1936, elle reçoivent celui de personnalités de gauche ou révolutionnaires qu'elles portent encore pour la plupart, comme l'avenue Jean-Jaurès et les rues Hoche, Robespierre, Louise-Michel, Danton ou Camille-Desmoulins. Seule la place Lénine semble quelque peu provocatrice puisqu'il s'agit de la place de l'église. En 1938, quelques mois après le décès du directeur de L'Humanité, une partie de l'avenue Jean-Jaurès est baptisée Paul Vaillant-Couturier.

L'originalité de Turpault réside aussi dans les prises de position qu'il fait adopter par le Conseil municipal. En effet, soutenant la cause des républicains dans la guerre civile en Espagne, il fait demander le 28 août 1936 au Front Populaire de cesser d'observer sa neutralité "qui correspondrait à l'étranglement de la République Espagnole" et demande la livraison de matériel et d'armes, "considérant que le peuple de France attend avec une grande anxiété que de telle mesures soient prises pour l'émancipation totale des travailleurs et l'écrasement du fascisme dans le monde". Plus concrètement, la maire fait préparer l'hébergement à Bois d'Arcy d'éventuels réfugiés espagnols ! En 1938, il fait voter 200 francs pour l'achat d'une ambulance et de médicaments destinés à l'Espagne.

Le 5 octobre 1939, Turpault est démis de ses fonctions. Il entre dans la Résistance. Arrêté deux fois, il est fusillé en compagnie du député communiste Gabriel Péri le 15 décembre 1941 au Mont-Valérien. "Je meurs innocent et en brave" écrivait-il à son épouse le 14. Lorsqu'il demanda pourquoi on le fusillait, on lui répondit "que l'on savait que je n'avait rien fait maIs que c'était comme otage". Sa dernière phrase est accusatrice : "Remercie bien ceux qui sont un peu la cause de ma mort ; on pardonne aux lâches".

En 1944, le conseil "décide qu'un agrandissement de la photographie de M. Turpault, maire fusillé, sera exécuté et placé solennellement dans la salle des séances du conseil". Le groupe scolaire et la route qui passe devant reçoivent son nom. En 1945, le corps de Turpault est inhumé au cimetière de Bois d'Arcy. La délibération du conseil n'ayant pas été annulée, où est donc passé le portrait de cette grande figure arcisienne, ce maire moderne, courageux et altruiste, mort pour la France ?

Nous en sommes au point de n'avoir plus aucune idée de son visage. Élèves de l'école Turpault, voici un bon sujet d'enquête pour la rentrée...

Éric THIÉBAUD
Sources : Archives communales, Registres paroissiaux. Archives départementales : comptes des Bâtiments du Roi.

Le trésor de CantenacZoomLe trésor de CantenacBois d'Arcy, Théâtre d'un tournage de Sacha Guitry "Le trésor de Cantenac"
Le 6 septembre 1950, sortait simultanément au Marivaux et au Marignan à Paris, le Trésor de Cantenac, film de Sacha Guitry. Interprétée par le maître lui-même, par Pauline Carton et Lana Marconi (sa cinquième épouse, qui jouait le rôle de Marie-Antoinette dans Si Versailles m'était conté), cette œuvre méconnue présente pour les Arcisiens l'intérêt d'avoir été tournée en partie dans notre ville.

L'intrigue ne se prête pas à de nombreux rebondissements : "Avant de mettre fin à ses jours, le baron de Cantenac, ruiné, désire connaître le village qui fut le berceau de ses ancêtres. Le centenaire du village lui remet alors le trésor des seigneurs de Cantenac, caché depuis la Révolution". Cependant, au fil de la pellicule, chacun de nous peut reconnaître certains aspects de l'ancien Bois d'Arcy.

En effet, Guitry, qui habitait alors Fontenay-le-Fleury, décida de tourner, dans une commune proche, des scènes censées se dérouler dans le village imaginaire de Cantenac.

La rue Robespierre a été souvent utilisée pour le tournage. Dans l'une des scènes, Sacha Guitry l'emprunte en calèche. On y voit à chaque fois la grande maison située derrière l'actuel magasin "La grange fleurie" (n°12) et la maison basse voisine dont les volets ont été récemment repeints en bleu sombre.
J'ai eu des difficultés à reconnaître la rue Raymond-Lefèvre dont les maisons de gauche n'ont pourtant pas changé depuis le film. Elle est alors déjà bordée de trottoirs ; des bornes (actuellement disparues) protègent les murs. Au fond, on devine le cimetière avant son agrandissement.

L'Église est filmée sous différents aspects, dont l'un est particulièrement intéressant puisqu'il nous montre l'ancienne entrée du bâtiment, face au presbytère, à l'emplacement de l'extension. Encore plus passionnantes sont les vues de l'intérieur qui a bien changé depuis. L'orfèvrerie semble avoir été particulièrement riche : un plan du film nous permet de voir les chandeliers et un autre le calice. Pour les fans de Pauline Carton (dont je fais partie), l'actrice a tourné une scène près de l'autel, dans laquelle elle est Eulalie, la servante du curé.

La mairie-école, située face à l'église, à l'emplacement du parc de stationnement actuel, est présente tout au long du film. Elle n'avait guère changé depuis le début du siècle, comme en témoignent les cartes postales anciennes. Le mouvement de la caméra nous permet de franchir son portail, d'entrer dans la cour d'école et de s'approcher du puits. Il est amusant de noter à ce propos que l'instituteur est filmé en train d'écrire les noms de Danton et de Robespierre qui correspondent à des noms donnés aux rues en 1936.

Plusieurs scènes du film montrent aussi une très jolie maison, située au n°1 de la rue Danton. Le plan le plus émouvant pour moi est celui où le médecin passe à vélo :
"- Pas besoin de mes services ? - Non, lui répond une femme depuis la fenêtre de ma chambre, vous arrivez trop tard !". La mare, remplacée depuis par le square Danton, existe encore à ce moment-là. A nouveau, Pauline Carton est présente, lors d'une mémorable scène de chasse aux moustiques qui se transforme peu à peu en séance de claques. Enfin, la maison du n°2 place Danton est filmée à plusieurs reprises. Elle est alors le "Café Pidoux". L'entrée est reconnaissable, même si la fenêtre à droite de la porte a été ajoutée par la suite.

D'autres demeures, d'autres lieux figurent dans le film, à vous de les identifier ! Attention, de nombreuses scènes d'extérieur sont en fait tournées en studio, notamment celle où les villageois sont tous à vélo, sauf l'idiot du village qui circule... en trottinette.

Éric THIÉBAUD

L'ancienne école des filles aujourd'hui.ZoomL'ancienne école des filles aujourd'hui.Un souvenir de saison : l'école des filles
La rentrée scolaire est à nouveau l'occasion d'évoquer l'une des écoles de Bois d'Arcy. Contrairement à celle des garçons actuellement remplacée par un parc de stationnement (voir Bois d'Arcy-le Journal n°29), l'école des filles subsiste, dissimulée sous un triste ravalement des années 1960-70. Elle est située à l'angle de la place de l'Église et de la rue Louise-Michel.

Les élèves qui se rendent à Vigée-Lebrun ou les usagers du bus 415 passent devant régulièrement. C'est aussi le siège de la permanence du secours catholique.

L'école libre de filles est ouverte sous le Second Empire le 3 mai 1858 par Mademoiselle Salomée Acher. Au rez-de-chaussée, un vestibule central donne accès : à gauche à la salle de classe, en face à l'escalier et à droite au préau. L'étage est occupé par le logement de l'institutrice, soit deux chambres en façade, une salle à manger et une cuisine à l'arrière. Le terrain est agrémenté d'un parterre correspondant à la bordure actuelle. La cour est à l'arrière (à l'emplacement d'une partie de l'actuelle cuisine centrale). En 1870, l'appartement de l'institutrice, occupé par un commandant prussien, est incendié.

Dans un premier temps, le Conseil municipal avait envisagé de faire de l'établissement une école communale. Mais il doit y renoncer le 18 août 1867. "La Commune de Bois d'Arcy se compose seulement de 460 habitants, ce qui n'entraîne pas pour elle I'obligation d'entretenir une école publique de filles ; qu'elle est du reste satisfaite de la manière dont est tenue l'école libre de filles qui existe en ce moment". Finalement le 14 mai 1876 la maison est acquise moyennant le prix principal de 5000 francs, plus 500 francs de mobilier. L'école libre devient alors communale et le Conseil municipal vote en 1877 un supplément de traitement de 200 francs à l'institutrice, Mademoiselle Anne Duval.
1906 francs pour l'école !
Cette année-là, un devis des réparations à effectuer est demandé à l'architecte Armand Petit qui visite le bâtiment le 9 novembre. Dans son rapport, il s'intéresse particulièrement à la santé des élèves. Il signale que "la classe a une dimension de 6.45 x 5.45 et 3 m 00 de hauteur. Ces mesures donnent un cube d'air de 105 soit plus de 4 mètres par élève à raison de 25 élèves qui fréquentent actuellement la classe" (en réalité, il semblerait que la classe ait compté selon les années de 30 à 33 élèves). Petit ajoute que la salle est "aérée par 4 baies donnant ensemble une surface de 18 mètres à l'entrée de l'air extérieur". Les travaux sont adjugés à Liou en 1881 et sont achevés en 1882. Ils auront coûté 1906 francs et 6 centimes.

En 1930, le nombre croissant des élèves de l'école des filles oblige le Conseil à demander à l'inspection académique une institutrice adjointe. En 1933, il devient urgent de créer une classe enfantine en raison du "surpeuplement scolaire (120 enfants), en attendant la création d'un groupe scolaire devenu nécessaire". Le Conseil propose pour cette quatrième classe le préau de l'école des filles qui mesure 4,25 m sur 7, 50 m, à charge pour la ville de faire construire "par les chômeurs" un nouveau préau à côté.

Depuis, une Arcisienne se souvient avoir commencé sa scolarité dans la classe enfantine de l'école de bois (à l'emplacement du marché), puis être allée à Turpault qui venait d'être achevée. En raison de l'occupation allemande, elle a poursuivi ses études primaires dans le bâtiment de l'ancienne école de filles, avant de retourner à Turpault. L'école de la rue Louise-Michel comportait alors une classe au rez de chaussée et une au premier étage.

Ensuite, l'école a été divisée en studios. L'aspect général du bâtiment n'a pas été modifié. En façade, les ouvertures ont été élargies et les volets de bois ont été remplacés par des volets métalliques de couleur moutarde ou tabac fanées. Les murs recouverts d'un vilain ciment gris sont encore surmontés de leur corniche moulurée du XIXe siècle. Il suffirait de peu de choses pour redonner à l'édifice une partie de son allure d'antan.

Éric THIÉBAUD
Sources : Archives communales de Bois d'Arcy : Délibérations du conseil municipal Archives Départementales : 20 27/ 3. Remerciements à M. Colas.

La voûte sur croisées d'ogives du chœur (fin XIIe siècle).ZoomLa voûte sur croisées d'ogives du chœur (fin XIIe siècle).Bâtiments communaux : Saint-Gilles, l'église
Le monument le plus prestigieux de Bois d'Arcy est certainement l'église Saint-Gilles. Elle est citée pour la première fois en 1203 "in Ecclesia Sancti Egidii ultra nemus" (traduction : à l'église Saint-Gilles de l'autre côté du bois). Commencée à la fin du XIIe siècle, sa construction se poursuivit jusqu'au XVIe. Sa dédicace eut lieu le 2 septembre 1541 "sous le titre de Saint-Gilles et Saint-Loup comme l'était l'ancienne, par Charles, évêque de Mégare, qui statua que l'Anniversaire serait célébré le même jour". C'est là l'origine de notre fête de la Saint-Gilles (voir Bois-d'Arcy le Journal. Juillet/août 1998). La cloche fut fondue en 1604.

L'édifice étant devenu propriété communale à la Révolution, son entretien incombe désormais à la ville. Il figure au budget pour la première fois en 1820 (sous Louis XVIII) pour 100 francs. Les années suivantes, d'autres sommes aussi modestes sont votées. Comme elles paraissent insuffisantes, la municipalité juge plus sage de demander en 1827 un devis à un architecte de Versailles, Lehuby. Mais le conseil rejette la proposition de l'architecte "l'église n'étant pas dans un état de délabrement tel qu'il le présente par son devis et disproportionnée à ses moyens". Ainsi, la toiture continue à se dégrader et il faut débourser de fortes sommes pour la réparer dans l'urgence en 1831. En 1834, il faut bien revenir au devis de Lehuby s'élevant à 2940 francs. En effet, les voûtes menacent alors de s'effondrer. Une imposition extraordinaire est décidée.

En novembre 1839, en raison des dégâts "occasionnés par les vents" (déjà...), il faut renouveler 2000 tuiles. La première horloge du clocher est offerte par le maire Alfred Dailly en 1865. Elle sera remplacée par une autre -électrique- en 1936 à l'initiative d'Alexandre Turpault. En 1867, l'église est restaurée sous la direction de Blondel, architecte de Versailles. En 1896, la cloche étant fêlée, il est nécessaire de la refondre. Elle devra l'être malheureusement à nouveau en 1984, à la suite de l'incendie du clocher. L'extension de l'église a eu lieu de 1967 à 1969. Depuis, des travaux de restauration (enduits et toiture) ont permis de redonner en partie à l'édifice son aspect d'origine.

Petite visite

À gauche en entrant, le bénitier de marbre blanc en forme de coquille date probablement du XVIIIe siècle. La nef est couverte d'une voûte de bois en berceau, supportée au nord par des arcs brisés reposant sur deux colonnes à chapiteaux gothiques primitifs. Si l'on regarde attentivement le dessus du chapiteau de la première colonne à gauche, on note le départ de trois nervures. C'est l'indication d'une voûte sur croisées d'ogives disparue ou plus certainement prévue à l'origine et non réalisée.

Le choeur à chevet plat est couvert de deux voûtes quadripartites sur ogives de la fin du XIIe siècle.
Le bas-côté nord est typique des constructions romanes. Il présente des murs épais percés de petites ouvertures ainsi qu'une voûte (au fond) supportée par deux arcs-doubleaux en plein cintre. Les vitraux ne datent que du XIXe siècle. Ils sont l'oeuvre de Dupin, à Versailles. Au fond, l'autel et le tabernacle du XVIIIe siècle proviennent de l'ancien maître-autel. Le tabernacle est sculpté du nom de Dieu en Hébreu placé dans le triangle de la Trinité (parallélisme entre Ancien et Nouveau Testament). L'Agneau de Dieu rappelant le sacrifice de Jésus et les pampres de vigne évoquent l'Eucharistie.

Le bas-côté sud, avec ses grandes fenêtres sans vitraux, est caractéristique de la Renaissance. Ses voûtes d'ogives du XVIe siècle (du même modèle que celles de Saint-Maclou de Pontoise) reposent sur des colonnes à chapiteau dans le goût antique. Dans les deux angles sud, les nervures sont supportées de façon originale par des corbeilles à godrons surmontées de volutes et d'oves. Les éléments les plus remarquables sont les deux clés pendantes placées à l'intersection des nervures de la voûte et ornées de personnages sculptés en bas-relief. Les figures, en raison de leur emplacement, sont difficiles à identifier.

On reconnait néanmoins une Vierge à l'Enfant du côté du choeur. Dans une niche, on peu remarquer les fonds baptismaux de marbre vert Campan qui avaient été livrés le 28 mai 1715 !

Éric THIÉBAUD
Remerciements au Père Louis Ménard, curé de Bois d'Arcy, et à Madame Charrier.
Sources, Archives Communales : délibérations du Conseil Municipal. Abbé Leboeuf, Histoire du diocèse de Paris, 1748.

Patrimoine local au 1, rue Danton…Patrimoine local au 1, rue Danton
Édifiée sous Louis XV, vers 1760, sur un terrain qui avait été la propriété de l'Abbaye parisienne Notre-Dame de Longchamp, la maison est alors couverte en chaume, comme les autres demeures du village et comporte une seule pièce, une salle commune assez basse, qui subsiste et dont la façade donne sur la rue. La section de poutre qui apparaît dans le mur indique encore la hauteur de plafond de la salle primitive. A la veille de la Révolution, Victoire Hugé, fille du fermier de Sainte Catherine (et propriétaire du "château" qui se situait à l'angle de la rue Raymond-Lefèvre et de la rue Danton) possède la maison qui est alors louée. Vers 1810, celle-ci est acquise par Alexis, fils de Jacques Devouge, premier maire de Bois d'Arcy. Elle ne comporte alors qu'une porte et une fenêtre, et possède un four à pain qui subsiste. Le bâtiment bas sur le jardin est construit à cette époque.

En 1825, Pierre-Marie Bénoge, berger originaire de Saint-Cloud, achète la maison qui restera la propriété de sa famille pendant plus d'un siècle, jusqu'en 1948. Le premier événement connu y a lieu le 15 septembre 1826 (Adolphe, son fils, y meurt à l'âge de 12 ans). En 1859, Pierre-Marie y meurt à son tour, à l'âge de 70 ans. Son dernier fils étant décédé l'année précédente, ce sont ses trois petits-enfants qui héritent de la propriété en 1864. Adrien fait construire une nouvelle demeure sur une partie du jardin (1, rue Raymond-Lefèvre), tandis qu'Hippolyte et Joséphine se partagent la construction d'origine.

Hippolyte Bénoge était né en 1846 (d'une famille modeste, il avait été admis à aller à l'école gratuitement). En 1867, à l'occasion de son mariage, il fait agrandir la maison dont le nombre des fenêtres passe à trois. Ses sept enfants y naissent : Maria en 1869, Alphonse en 1874,(mort sous les drapeaux en 1897), Henri en 1876 (mort à la maison à l'âge de 7 ans), Gustave en 1879 (futur propriétaire de la maison), Gabrielle en 1889. En 1895, Hippolyte rachète la part de sa sœur. Deux ans plus tard, il fait réaliser l'étage supérieur de la maison qui compte alors 8 fenêtres. Il y meurt en 1909.

En 1913, après le décès de sa mère, Gustave Bénoge rachète la maison à ses sœurs. Ses cinq enfants y naissent. Vers 1942, il est arrêté par les nazis, dénoncé par son propre fils, Jean. Il décédera en camp de concentration à Gross-Rosen en 1944, ainsi qu'en témoigne une plaque dans le hall de l'Hôtel de Ville (Jean Bénoge sera condamné en 1945 à la dégradation nationale et aux travaux forcés à perpétuité). La maison est alors vendue en 1948 à Hélène Meunier, épouse de Roger Mauban, qui la loue. Le fils des locataires d'alors se noie accidentellement dans la mare.

En 1949-1950, Sacha Guitry tourne devant la maison trois scènes du film "Le Trésor de Cantenac", dont une avec Pauline Carton et une autre où l'on voit une dame à la fenêtre du premier étage.

En 1963, la demeure est achetée par la famille Bertin qui la conserve jusqu'en 1994. C'est actuellement le siège de l'association Aventure et Culture.

Éric THIÉBAUD

Sources : Archives Départementales, 3P3 182, 3P3 183. Archives Communales : État-Civil.

La maison CommuneLa maison CommuneL'ancienne mairie-école de Bois d'Arcy : La maison Commune
L'aménagement du cheminement piétonnier conduisant de la place de l'église aux écoles Vigée-Lebrun et Frédéric-Mistral est l'occasion de se pencher sur l'histoire du lieu situé entre le café et le garage communal où a été établi récemment un parc de stationnement. Les anciens Arcisiens connaissent son importance, puisque pendant cent trente ans -de 1842 à 1972- cet espace actuellement dévolu au repos des automobiles a été occupé par le bâtiment de la mairie-école de Bois d'Arcy.

La porte centrale ouvrait sur un vestibule et l'escalier conduisant à l'étage. Les deux fenêtres de droite au rez-de-chaussée éclairaient la salle de classe et les deux fenêtres de gauche la salle de la mairie. Le mobilier de la salle de classe était constitué "d'une estrade avec table pour le maître, quatre tables et leur bancs de 5m de longeur, un grand tableau de démonstration et six plus petits, une armoire avec tablette pour les livres et un poêle". La salle de classe était divisée en deux parties : au sud, les garçons qui entraient par la porte centrale et au nord les filles qui entraient par une petite porte sur le côté !

La salle de la mairie était chauffée par une cheminée et comportait un local d'archives éclairé par une fenêtre sur l'arrière du bâtiment. Au premier étage, le logement de l'instituteur comportait une entrée, une grand cuisine, une grande chambre à cheminée et deux autres pièces plus petites.
En 1850, une "large crevasse" apparut dans le mur de façade. L'architecte proposa alors d'arrêter le mouvement au moyen de tirants de fer. Entre-temps, la construction d'une école de filles avait permis d'affecter la précédente aux garçons uniquement.

À la fin des années 1930, on décidera la construction d'un nouveau groupe scolaire qui deviendra l'école Turpault. Une nouvelle mairie était prévue à proximité en 1938, mais le projet ne fut pas développé davantage en raison des événements. Enfin, les services municipaux étant désormais à l'étroit dans un édifice de l'époque de Louis-Philippe, on construira l'hôtel de ville actuel en 1966.

Notons à ce propos que ce dernier avait été conçu "pour permettre le fonctionnement normal des services communaux pour une population qui pourrait atteindre 20 000 habitants". Voilà qui laisse rêveur ! En 1972, devant l'état du bâtiment de l'ancienne mairie, on préféra la démolition à une époque où la mode n'était pas encore à la réhabilitation.

Sur les traces de l'ancienne mairie
Lorsqu'on entre dans le parc de stationnement, on franchit l'espace où était établi le mur de clôture de la cour de la mairie. Il reliait le départ du mur de droite qui subsiste, à l'actuel garage communal. Au niveau du premier réverbère, on pouvait voir une buanderie (dans l'angle), puis un petit préau couvert. Le puits était à gauche, à l'emplacement de la quatrième place de stationnement.

La mairie avait été édifiée parallèlement à la rue. Elle occupait les cinquième et sixième places de gauche (contre le garage actuel) et continuait sur la droite, ne laissant qu'un étroit passage de l'épaisseur de l'actuel trottoir, à la hauteur du décrochement dans le mur de clôture à droite. Deux W.C. étaient placés au niveau du deuxième réverbère.

La cour de récréation occupait le quart du parc de stationnement au fond à droite. L'actuelle grille du chemin piétonnier en constituait la limite. Il ne reste donc pas de vestiges de l'ancienne mairie-école. Mais plus de cent cinquante ans plus tard, l'endroit résonne encore des cris des élèves.

Éric THIÉBAUD
Sources : Archives communales de Bois d'Arcy : Délibérations du Conseil Municipal Archives Départementales des Yvelines : 20 27/ 3

La Batterie de Bois d'ArcyLa Ferme de la TremblayeLa famille "Les Liou"Une famille arcisienneLa rigole des ClayesL'École à Bois d'ArcyMaisons de Bois d'ArcyLe Pôle Jeunesse L’allaitement à Bois d’Arcy

La Batterie de Bois d'ArcyEn 1841, Thiers décide la construction d'une enceinte de 38 km destinée à assurer la défense de Paris. Achevée en 1845, elle est protégée par une ligne de 16 forts situés en proche banlieue (Mont-Valérien, Aubervilliers, Romainville, Noisy,...) auxquels s'ajoute la ville de Saint-Denis entièrement fortifiée. Ces ouvrages n'empêchent pas les Prussiens d'encercler et de bombarder la capitale de septembre 1870 jusqu'à l'armistice signé le 28 janvier 1871.

En 1874, l'Etat-Major conçoit une nouvelle ligne de défense. En effet, les combats de 1870-71 ont permis de tirer les leçons suivantes : les forts de 1841 sont placés trop près de l'enceinte alors que la nouvelle artillerie peut tirer jusqu'à 8 km. En outre, ils sont périmés dans leur forme : les contrescarpes trop basses laissent à découvert des escarpes trop hautes ; la masse de terre du rempart, trop fine, ne résiste pas aux tirs d'artillerie ; les casernes trop hautes sont d'excellentes cibles et les cours trop vastes sont balayées par les tirs ennemis.

Le général Chabaud-Latour préconise alors un système étendu. Les lignes de tranchées allemandes formaient un périmètre de 83 km. La nouvelle ligne de forts s'étendra sur 126 km. Ainsi, un assiégeant qui voudra encercler la capitale devra réunir une armée de 700 000 hommes ! Les forts sont groupés en trois lignes dont l'une au sud-ouest est destinée à faciliter une sortie en direction d'une armée de secours venant de la Loire ou de l'Atlantique. Des redoutes et des batteries complètent leur action. Les ouvrages sont placés de 8 à 17 km de l'enceinte. Ils sont distants de 2 à 7 km ce qui permet une défense mutuelle en cas d'attaque.

Entre 1874 et 1881, on construit autour de Paris 18 forts, 5 redoutes et 34 batteries, dont celle de Bois d'Arcy. Celle-ci est destinée à protéger avec le fort de Saint-Cyr la ville de Versailles et le camp de Satory, à interdire le plateau de Trappes et la vallée du rû de Gally et à contrôler les voies ferrées venant du Havre et de Tours. Elle adopte comme toutes les constructions de 1874 le système trapézoïdal où le tracé des fossés rectilignes battus par des caponnières est indépendant de celui du rempart portant l'artillerie.                                      

caserneDans les nouveaux ouvrages, les maçonneries sont cachées derrière des masses de terre où vont se perdre les obus ennemis. Les casernes enterrées ont une voûte de pierre et des planchers en brique pleine. Chaque homme y dispose d'une place dans un lit à quatre places, d'un tabouret, d'une planche pour son paquetage et d'une tablette pour manger et écrire. La circulation dans les cours est doublée par des couloirs. Le tir est effectué à partir de plate-formes séparées par des casemates où les hommes peuvent s'abriter avec les munitions.

Une galerie isole le magasin à poudre de l'humidité. Ces installations sont encore visibles de nos jours au CNC.

Malgré ces innovations, la portée de l'artillerie ayant considérablement augmenté, la nouvelle ligne de défense est obsolète dès son achèvement. Pendant la dernière guerre, les Allemands occupent la batterie de Bois d'Arcy et font sauter la façade de la caserne. Le CNC s'y installe en 1969, les forts de 1874 ayant été déclassés en 1954.                                                

Éric THIÉBAUD

© Photo Éric Thiébaud, vers 1990.Zoom© Photo Éric Thiébaud, vers 1990.La Tremblaye : De la ferme… à la bibliothèque, une page d’histoire !
Association  pour l’Aménagement et la Restauration de la Ferme de la Tremblaye

L’association pour l’aménagement et la restauration de la Ferme de la Tremblaye vient de cesser ses activités après plusieurs années d’une existence marquée par des actions en faveur de la défense et de la réhabilitation de ce lieu emblématique du patrimoine arcisien.
C’est l’occasion pour nous de revenir sur l’histoire de ces hommes et de ces femmes qui se sont rassemblés pour préserver et valoriser notre patrimoine local...

Parmi les personnes présentes : M. et Mme Vuilliet, M. Vernisse, Mme Reillon, Mme Corbel, Mme GORICHON, Mme Rozent.

Moyen-Âge
Construction de la 1re ferme au Moyen-Âge
1472
La ferme est la propriété de Jean et Guillaume de Gaillon.
1497
les droits seigneuriaux sont acquis par l'amiral Louis Mallet de Graville.
1499
Les droits seigneuriaux passent au collège de Montaigu.
1705
La seigneurie est acquise par Olympe de Brouilly de Pienne, duchesse d'Aumont.
1707
Acquisition par Louis XIV des droits seigneuriaux de la Tremblaye.
1736
(18 novembre) la ferme est achetée par Louis XV à Louis Antoine François Duchêne. Elle devient ainsi ferme royale.
An III
Vente aux enchères de la ferme de la Tremblaye comme bien national en deux lots.
An IV
Vente définitive.
1809
La ferme est la propriété de Maurice Didier, un Parisien. Sa famille la possèdera pendant 122 ans.
1931
La ferme passe à Meunier de la Houssoye, châtelain de la Sarthe.
1936
Acquisition par Mougin.
1975
La ferme n'est plus habitée et n'est plus en activité.
1984
Acquisition par la municipalité de Bois d'Arcy
1988
Création de l'Association pour l'aménagement et la restauration de la ferme de la Tremblaye. Président : M. Batchourine. Fondateurs : Mme Rozent, Mme Renard, M. Batchourine, M. Vernisse
1990
Président de l'Association : M. Vernisse.
1998
Restauration de la ferme de la Tremblaye en veillant "à la conservation d'anciens bâtiments en y intégrant tous les éléments d'une bibliothèque moderne" (Claude Vuilliet, Maire de Bois d'Arcy, "Bois d'Arcy Le Journal"). "L'objectif à terme est de faire de cet ensemble un pôle culturel et associatif"(Philippe Lejeune, Adjoint en charge de la culture et de la communication, "Bois d'Arcy, Le Journal").

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vue aérienne de la Ferme en 1965Zoomvue aérienne de la Ferme en 1965

La Ferme de la Tremblaye telle que nous pouvons l’admirer aujourd’hui a bien failli ne jamais connaître le sort qui lui a finalement été réservé.
Habitée et en activité jusqu’en 1974, elle fut rachetée par la Mairie en 1984, qui n’avait toutefois pas de projet précis en tête quant à l’utilisation du lieu. Les années passant, l’état de délabrement de la ferme commençait à susciter une certaine inquiétude de la part des Arcisiens : l’urgence, sinon d’une restauration immédiate, au moins d’un entretien régulier, devenait imminente, faute de quoi la ville allait se priver de cet inestimable témoignage architectural et historique de la vie arcisienne d’autrefois.

Alors qu’elle menaçait de tomber en ruine, la ferme allait heureusement bénéficier du soutien de quelques amoureux des belles pierres et de leur histoire, qui décidèrent de créer l’Association pour l’aménagement et la restauration de la ferme de la Tremblaye en 1988. La même année, dans une “Lettre ouverte à Mme le Maire”, Monsieur Batchourine, président de l’association à l’époque, soulevait déjà quelques questions essentielles : “Allez-vous être la municipalité qui, après avoir fait l’acquisition de cette ferme, la laisse mourir alors qu’alentour nos voisins essaient de préserver et d’aménager leur patrimoine ancestral ? Allez-vous continuer de laisser ces bâtiments se dégrader (...) ?”

L’Association a toujours milité pour le sauvetage des bâtiments et leur aménagement en une structure culturelle. On pouvait lire au sujet des objectifs de l’Association dans le Bulletin municipal d’information de
la ville en septembre 1992 : “Ce lieu de mémoire doit respecter la tradition architecturale des fermes de la région et offrir aux Arcisiens un lieu de rencontre et une ouverture sur la ville et sur la vie”. 

Réhabiliter et valoriser la ferme de la Tremblaye en respectant son authenticité et son caractère architectural devenait donc une priorité. C’est chose faite en 1998 : trois ans après le début du premier mandat de Monsieur Claude Vuilliet, qui, pour la petite histoire, faisait partie de l’association, la nouvelle bibliothèque ouvre ses portes, installée désormais dans la ferme. Le reste de l’espace sera très prochainement aménagé, toujours selon l’orientation culturelle encouragée par l’Association : le Pôle Culture et la salle des fêtes y trouveront une place de choix.

Les défenseurs de la ferme ont finalement atteint leurs objectifs : participer à la préservation de notre patrimoine et à sa réhabilitation en un lieu de culture et de vie, pour la plus grande joie des Arcisiens.

Le bureau de l’Association a donc décidé de mettre un terme à son activité. Sur la proposition de Madame Régine Rozent, secrétaire, et de Madame Marie Renard, trésorière, soutenues par le président Éric Thiébaud,  il a été décidé à l’unanimité de solder le compte de l’association en faveur de la bibliothèque : la boucle est donc bouclée ! Une page de l’Histoire arcisienne se tourne, mais le livre continu...
Cette généreuse donation de 500 euros a permis l’achat de livres qui viennent enrichir les fonds "fiction" (romans, BD) et documentaires de la bibliothèque de la Tremblaye, 30 ouvrages au total. 

L’enthousiasme et la persévérance de cette Association, encouragés et soutenus par la Municipalité actuelle, nous permettent donc aujourd’hui de profiter d’un lieu de rencontre et de connaissance dans un cadre privilégié qui connecte le passé historique de notre ville à son avenir culturel. 
Un seul mot : “merci” ... à tous les membres de l’Association ! 

Éric THIÉBAUD

ZoomFamille de Victor Eugène Liou, aux Langots (avenue Voltaire) vers 1925Une fois n'est pas coutume, un Arcisien a proposé à Bois d'Arcy-le Journal un sujet pour la rubrique histoire, nous communiquant aussi le résultat de ses recherches généalogiques. Il s'agit de monsieur Blandin qui a travaillé sur la famille Liou.

Le 26 juin 1719, Jean-Baptiste Liou âgé de 34 ans épouse Barbe Catherine Duval de onze années sa cadette. Celle-ci est la fille d'un marchand aisé de la paroisse. Deux tonneliers assistent à la cérémonie. Le propre frère du marié, Noël, exerçant ce métier doit compter quelques amis au sein de la profession. C'est le point de départ d'une lignée dont un descendant habite encore Bois d'Arcy de nos jours. Notons que sur les registres paroissiaux, le patronyme est orthographié indifféremment "Liou" ou "Lion".

Ce nom est donc apparu dans notre ville un peu avant celui de la famille Grandin (évoquée dans Bois d'Arcy le Journal n°27) remontant à 1775. Cependant, ces deux familles, outre le fait d'être deux des plus anciennes de Bois d'Arcy, offrent un point commun. Leur nom apparaît au bas du cahier de doléances établi le 15 avril 1789 en vue de la réunion des États Généraux.

Jean Jérôme Gilles Liou, qui signe le registre, est le fils de Jean-Baptiste et de Barbe Catherine. Il est laboureur et ancien marguillier de la paroisse. Il était né en 1722, alors que Louis XV n'avait que douze ans. Son parrain Jean François Perron était le fils de Jean Perron, fermier du Roi au Petit Arcy. Il mourra le 30 thermidor an VII à l'âge de 77 ans. Avant le cahier de doléances, il avait signé l'acte constitutif de l'assemblée municipale, -préfiguration de notre conseil actuel- le 12 août 1787. Ce jour-là, treize notables s'étaient réunis à l'issue des vêpres et avaient élu Thomas Pluchet, fermier du roi à la Tremblaye, syndic de l'assemblée municipale. Il devint ainsi en quelque sorte le premier maire de Bois d'Arcy.

ZoomSignature de Guillaume Adrien Liou (sculpteur marbrier) le 18 octobre 1802.Deux des fils de Jean-Jérôme Liou, Jean-Baptiste et Louis demeureront à Bois d'Arcy, tandis que le troisième deviendra "sculteur Marbrier" à Paris. L'une de ses filles épousera un "employé aux voitures de la cour de Versailles". Peut-être a-t-elle eu ainsi l'occasion d'admirer les magnifiques collections de berlines que renfermait la Petite Écurie à la veille de la Révolution ?

Monsieur Blandin descendant de Jean Jérôme Liou, nous apporte des renseignements précieux sur certains de ses ancêtres. L'un des fils de Jean Jérôme, Louis, aura pour fils Germain Denis, né en 1814. Ce dernier épousera en 1837 Louise Flore Duglos dont le père était capitaine de la garde Nationale de Fontenay-le-Fleury et chevalier de la Légion d'Honneur.

Le fils de Germain Denis Liou, Victor Eugène, né en 1844, mourra en 1933 à 89 ans. "Certains lecteurs ont pu le connaître, nous dit monsieur Blandin, il habitait aux Langots. À la fin de sa vie il se déplaçait très difficilement et cultivait son jardin à genoux ! Il s'était marié tard, à 35 ans car il avait été militaire et avait participé aux campagnes d'Italie sous Napoléon III.

Son régiment revenu de Rome (à pied !) il participa à la guerre contre les Prussiens puis contre la Commune de Paris". Sa fille Henriette, épouse Arnaud, a vécu elle aussi aux Langots. Elle repose avec sa sœur Blanche au cimetière de Bois d'Arcy. La maison existe toujours, dans une impasse de la rue Voltaire. Je vous laisse le soin de la découvrir.

Éric THIÉBAUD
Sources : Archives communales de Bois d'Arcy : État civil. Recherches généalogiques effectuées par monsieur Blandin.

Signature de J.-B. Grandin en 1789ZoomSignature de J.-B. Grandin en 1789Une famille arcisienne : La vie des Grandin
Bois d'Arcy conserve des traces architecturales de son passé, comme l'Église Saint-Leu-Saint-Gilles ou la bibliothèque de la Tremblaye. Cependant, les différentes résidences de notre ville, logements collectifs ou individuels des années 1960 à nos jours, ont tendance à nous faire oublier le village tel qu'il existait jusqu'au début du XXe siècle.

De nouveaux habitants, arrivés depuis les années 1930, ont fait passer la population de 700 vers 1900, à 12000 actuellement. C'est dire si dans leur immense majorité les familles arcisiennes sont d'implantation récente. Pourtant, toutes ne le sont pas. Certains noms encore portés de nos jours sont déjà signalés au XVIIIe siècle. A ce titre, un document peut servir de référence; il s'agit du cahier de doléances établi en vue de la réunion des États Généraux.

Le 15 avril 1789, le feuillet est signé des noms suivants : David, Liou (deux fois), Petit, Marc, Dablon, Chevalier, Lefèvre, Lalande, Paris, Galichon, Hébert, Quidé, Villaume, Bias, Dalotel, Collet, Bossu, Gillot, Grandin, Pourelle, Le Viel, C. Hébert et Pluchet. Voici les patronymes de celles qu'on peut légitimement considérer comme les anciennes familles de Bois d'Arcy.

Ainsi, on relève le nom de Grandin, encore porté de nos jours. Comme la majorité des signatures de l'acte, celle-ci est tracée à la plume d'une façon malhabile. Les lettres ne sont pas reliées entre elles. Peut-être son auteur, comme tant d'autres à cette époque, ne maîtrisait-il pas parfaitement l'art d'écrire. Le patronyme est connu. Il est familier des collectionneurs de cartes postales qui peuvent le relever sur la façade d'un débit de boissons arcisien, actuellement le "Bois d'Arcy".

Pourtant, paradoxalement, cette ancienne famille est d'origine récente puisqu'elle n'est signalée pour la première fois dans notre village qu'en janvier 1775, soit la première année du règne de Louis XVI.

Le Café Grandin vers 1900. Mme Grandin et Mme Grandin née Beunon, mère et épouse du Maire Henri Grandin.ZoomLe Café Grandin vers 1900. Mme Grandin et Mme Grandin née Beunon, mère et épouse du Maire Henri Grandin.Le 15 janvier de cette année-là, Jean-Baptiste Grandin fait baptiser son fils Jean-Baptiste à l'Église Saint-Leu-Saint-Gilles. La profession du père est indiquée, il est jardinier. Il travaille peut-être chez les Flament puisque le parrain est "Me Pierre Flament, écuyer, garçon de la chambre de Mr le comte d'Artois et commis de la guerre" et la marraine "Elisabeth Barnabé Flament femme de Me Michel Gousset, commis principal au département des affaires étrangères". Peut-être aussi figure-t-il parmi les employés du parc de Versailles ?

Pendant la Révolution, Grandin soumet à l'administration de Seine-et-Oise, en l'an VI de la République, une demande en vue "d'obtenir la permission de tirer de la pierre dans les places vagues du taillis de la Butte Rouge". Le Département considère "qu'il y a des inconvénients réels" à donner cette permission, mais note cependant "qu'on avait permis il y a environ un an au pétitionnaire de tirer quelques voitures de pierres". Pour conclure, la requête est refusée afin de ne pas en "faire naître d'autre (sic) de ce genre".
L'un des ses successeurs, Henri-Frédéric Grandin, naît en 1833. En 1866, il achète à son beau-père, avec son épouse Eloïse Beunon, le fonds de commerce de marchand de vin-épicier-mercier situé au 52, avenue Paul Vaillant-Couturier.

C'est l'origine du "café Grandin" ou plus exactement, comme on le relève sur une carte postale de 1900 "COMce de VINS GRANDIN. CAFÉ BILLARD". Henri Frédéric meurt en 1913. Son fils Henri deviendra maire de Bois d'Arcy de 1919 à 1921. Il possédait la ferme (qui subsiste) jouxtant le café tandis que sa soeur avait hérité du commerce. La fille d'Henri Grandin, madame Lalande, sera ensuite propriétaire du café, tandis que la ferme a échu à Gaston Grandin. La famille Grandin témoigne ainsi de l'attachement que marquent au fil des siècles certains habitants pour leur village. Par les liens qui l'unissent à d'autres familles originaires de Bois d'Arcy et par son empreinte dans la vie locale, elle est un des éléments, comme chacun d'entre nous à sa façon, de la vie et de l'Histoire de notre ville.
Remerciements à Madame Grandin

Éric THIÉBAUD

borne royale ornéeZoomUne borne royale ornée d'un lys (datant de 1823) située en bordure de bois à la Croix-Bonnet.Lorsque je m'installai à Bois d'Arcy, on me parlait souvent de la Rigole. Plus tard, on m'expliqua qu'il s'agissait de ce chemin qui traverse une bonne partie de la ville d'ouest en est et que son nom vient de ce qu'un ancien cours d'eau circule justement à cet emplacement.

La Rigole, dite aussi Rigole des Clayes, naît dans la forêt sur le territoire des Clayes -comme son nom l'indique- traverse la plaine de la Croix-Bonnet, devient souterraine à l'angle sud-est du cimetière, longe les pavillons de la rue Jacques Cartier, passe sous le chemin de terre qui rejoint la rue Edouard-Vaillant, emprunte un tronçon de l'avenue Paul Vaillant-Couturier jusqu'au carrefour du Puits et de là suit le chemin dénommé actuellement la Rigole jusqu'au fast food. Ensuite elle contourne le centre commercial et termine son cours à Saint-Cyr où, à l'origine, elle se déversait dans l'étang de Bois Robert actuellement disparu. Pour suivre ce tracé, il suffit d'une simple carte IGN au 1/25 000e.

Creusé sous Louis XIV, l'étang de Bois Robert était l'un des nombreux réservoirs permettant d'alimenter en eau les bassins du château de Versailles. Il était alors dénommé étang d'Arcy. Son emplacement est actuellement difficile à situer sur le terrain. Pourtant trois limites anciennes subsistent : un tronçon de la RN 10 à l'ouest, le Bois du Gland au sud et la Départementale 127 E à l'est. Au XVIIIe siècle, cet étang fut complété à l'ouest par un second qui prit alors le nom d'étang d'Arcy. Asséché lui aussi, il se situait, non pas à l'emplacement du centre Leclerc comme on le croit souvent, mais dans l'ex-parc d'activités de Bois d'Arcy, actuellement sur le territoire de Montigny-le-Bretonneux, au sud du Bois Gazé et de l'Institut Aérotechnique. Après son assèchement, il a servi de champ de manoeuvres, avant de devenir le nœud routier que l'on connaît.

La Rigole des Clayes, comme l'indiquent les comptes des Bâtiments du Roi, remonte à 1678. Les tranchées sont creusées par Lambert, Billet et Guignard et plusieurs ponts sont construits par François Dreux et Gilbert Savion. Son élargissement est décidé dès 1679. Les premières bornes fleurdelysées sont posées dans le courant de la première année de l'établissement des eaux de Versailles, mais elles disparaissent rapidement. Aussi, en 1784, l'administration ordonne-t-elle la levée d'un plan général du domaine dont le bornage est prescrit par décret du 29 prairial an 9. Les plans sont dressés en 1820, tandis que la fourniture des bornes est adjugée en 1822 au sieur Duval. Celles-ci sont livrées entre 1823 et 1825. Elles sont posées à tous les angles de limite du domaine royal, la fleur de lys tournée vers la propriété domaniale, "avec en témoin en dessous, un morceau de tuile cassée en deux parties susceptibles d'être raccordées". Ces bornes de grès, d'un poids de 300 à 400 kg, mesurent environ un mètre de hauteur. Ce sont elles qu'on peut encore voir en place.

Dès sa construction, la surveillance et l'entretien de la rigole sont assurés par un "garde des étangs et rigolles". C'est un notable. L'un des premiers, sous Louis XIV, est François du Trivier, inhumé en 1705 dans l'église Saint-Gilles en présence d'une assistance nombreuse. Il est remplacé par Joseph Le Vasseur. Sous Louis XV, le garde est Pierre Noël Dablon. Son fils Jacques lui succède en 1767. À la fin du XIXe siècle, il s'agit de Gustave Rochard. L'un de ses descendants possède actuellement un intéressant registre daté de 1900 dans lequel le garde note au jour le jour ses tournées. Il y constate en avril que les ponts de la rigole sont en mauvais état : "Les têtes de ponts sont tombées et les piédroits dessous les ponts sont aussi tombés".

Après la dernière guerre, la rigole devient un égout à ciel ouvert favorisant "l'éclosion des moustiques et la prolifération des rats". Le problème n'est pas nouveau puisqu'en 1880 un arrêté préfectoral y avait interdit "l'écoulement des eaux industrielles, de liquides insalubres, de jus de fumier, de vases et tout amas de matières animales ou végétales". Il faudra attendre les années 1960-70 pour qu'elle soit transformée en collecteur dans sa partie urbaine et couverte. Les travaux en cours d'amélioration seront bientôt l'occasion d'aménager en surface un cheminement cycliste et piétonnier.

Éric THIÉBAUD

La première signature du premier instituteur de Bois d'Arcy en 1743. Bien souvent, sa fonction s'étendait à celle de témoin et de secrétaire de la Paroisse. C'est le cas ici.ZoomLa première signature du premier instituteur de Bois d'Arcy en 1743. Bien souvent, sa fonction s'étendait à celle de témoin et de secrétaire de la Paroisse. C'est le cas ici.L'École à Bois d'Arcy sous l'Ancien Régime Instituteur sous Louis XV…
D'après Mayeu, instituteur à Bois d'Arcy en 1899, la première "école" de notre ville remonterait à 1716. Selon lui, le curé arrivé cette année- là, Pierre Turvilliers fait venir un certain nombre d'enfants au presbytère "pour les instruire et mettre en l'état de l'aider dans son ministère". L'école rurale, en effet, ressemble alors peu à celle qu'on connaît actuellement. Afin d'en créer une véritable, son financement par la paroisse ou par un généreux donateur est absolument nécessaire. Rares sont les cas où le curé enseigne bénévolement : "le cumul de la lourde charge pastorale et de la conduite d'une véritable école n'a pu être qu'exceptionnel, et si de nombreux documents parlent de l'instruction qu'il dispense, il s'agit en fait du catéchisme dominical qu'il est tenu d'assurer". Il semble que ce soit alors le cas à Bois d'Arcy.

Le 22 octobre 1742, le même curé et les habitants de la paroisse décident "d'établir un Maistre d'Ecole dans une maison achetée des deniers d'épargne de la Fabrique" et "que ledit Maistre d'Ecole soit exempt de milice et taille dans ladite paroisse, qu'il puisse avoir 2 vaches et 2 arpents de terre à loyer sans être sujet à aucune imposition, à condition que ledit Maistre d'Ecole, qui sera du choix de Monsieur le Curé, l'aidera dans l'administration des sacrements et autres fonctions de son ministère". Voici donc le véritable acte de fondation de l'école de Bois d'Arcy. Le premier maître, Eustache Marque, arrive au mois de janvier suivant. On sait seulement de lui qu'il est marié à Jeanne Cadiou, décédée en 1744, à l'âge de 46 ans.

Des compétences multiples et inattendues
Si l'on a peu de renseignements sur le personnage, on connait, en revanche, la fonction du maître d'école à cette époque. Son aptitude à enseigner, "dont les paroissiens étaient mal habilités à juger", reste souvent aléatoire. Néanmoins, ses compétences doivent être variées. En effet, s'il enseigne obligatoirement la lecture, souvent l'écriture et rarement "le chiffre", le maître doit aussi assurer l'éducation religieuse des enfants et leur enseigner le plain-chant, tout en étant, hors de l'école, un auxiliaire du curé. À Bois d'Arcy comme ailleurs, il participe aux offices en servant la messe et en chantant les textes liturgiques, revêtu du surplis. Souvent, enfin, il doit "écrire sous la diction du sieur curé sur les registres les actes de baptême, mariage et enterrement, en sorte que ledit curé n'ait plus qu'à les signer dans la sacristie".
En 1744, Marque est remplacé par Jean Magdeleine. En 1749, le curé et les habitants du village, reconnaissant certainement son efficacité, élèvent le traitement du "Maistre d'Ecole de 50 livres à 80 livres *" et la même année, Louis XV accorde à la paroisse 120 livres pour un Maistre d'Ecole. Il convient d'y ajouter une taxe mensuelle versée par les parents d'élèves en fonction de l'assistance de leur enfant à la classe. En outre, le maître est exempté de la taille et du tirage au sort de la milice.
On ne sait pas où était située la salle de classe, mais on connait une description de la maison du maître d'école, probablement achetée en 1742. À cette époque, le maître fait souvent la classe à son domicile. Voici donc la première véritable "école" de Bois d'Arcy. Elle est "couverte en paille et en roseau servant de logement à l'instituteur, comprenant au rez de chaussée une pièce à cheminée, un petit cabinet, un cellier, un fournil avec cheminée et une petite écurie, surmontée d'un grenier, plus 15 perches de jardin".

Au XVIIIe siècle, les maîtres d'école de Bois d'Arcy ont été : 1743 : Eustache Marque 1744 : Jean Magdelaine 1756 : Denis Gabriel Prévost 1766 : François Pascal 1776 : François Bertrand 1780 à 1820 : Antoine Dalotel.

Sources : Archives Municipales. Registres paroissiaux. Monographie de Mayeu (1899). Archives départementales : 3 Q 3

* À titre d'exemple, le Gouverneur du Roi percevait un traitement annuel de 48 000 livres, le Valet de chambre un traitement de 660 livres !

Éric THIÉBAUD

Même si bien peu en connaissent l'histoire, nombreux sont les Arcisiens qui apprécient cette superbe demeure, toute vêtue de vigne vierge…ZoomMême si bien peu en connaissent l'histoire, nombreux sont les Arcisiens qui apprécient cette superbe demeure, toute vêtue de vigne vierge…Maisons de Bois d'Arcy au 3, rue Louise-Michel
Une maison de Bois d'Arcy située place de l'église que vous ne pouvez pas manquer, que vous vous dirigiez vers le bois, que vous conduisiez vos enfants à l'école Vigée-Lebrun ou que vous attendiez le bus 415. C'est cette grande demeure aux volets blancs, protégée par une belle grille de fonte et fer forgé, dont la façade est couverte de vigne vierge à la belle saison. Pendant longtemps, il n'y a là qu'un "pré planté".

En 1855, dans les premières années du Second-Empire, Louis François Pinson en devient propriétaire. Ce dernier est né dans une autre maison de notre ville située au 88 avenue Jean-Jaurès (elle subsiste actuellement et fera l'objet d'un article). Son père était maçon. Il exerce la même profession. Il est alors âgé de 40 ans. Deux ans plus tard, il fait construire l'édifice de la place de l'église, expression de sa réussite sociale. En effet, le choix du lieu n'est certainement pas le fruit du hasard. Pinson vit là avec son épouse Louise et sa fille Joséphine, âgée de 15 ans. Insatisfait, il fait agrandir deux fois sa demeure qui en 1882 comptera à l'extérieur quatorze portes et fenêtres.

En 1862, Joséphine, qui habite encore la maison de ses parents, épouse un cultivateur de Montigny-le-Bretonneux, Antoine Bouchoir. Le jeune couple décide de ne pas s'installer à Bois d'Arcy. Louis François Pinson devenu d'abord entrepreneur de maçonnerie, achève ses jours comme rentier. Son épouse Louise, née Ricard meurt dans sa maison en 1881 à 64 ans. Lui-même y rend le dernier soupir en 1889, à l'âge de 74 ans.

La propriété passe alors à son gendre Antoine Bouchoir, installé désormais à Coignères, puis en 1909, à un certain Chrétien, grainetier de Chevreuse ayant épousé une Bouchoir. Plus tard, Edouard Maugeron, maire de Bois d'Arcy depuis 1921, habite la demeure avec sa famille. Son décès prématuré en 1923, dans l'exercice de ses fonctions, oblige ses héritiers à vendre la propriété aux enchères. Le 13 janvier 1925, Charles Bergevin, négociant en vins, s'en porte acquéreur.

Les héritiers Bergevin la vendent aux Lambert qui la cèdent à leur tour en 1959 à la société Civile Immobilière de la Mare Collin dont l'un des membres est Ernest Aron.

Le 3, rue Louise-Michel, vers 1913ZoomLe 3, rue Louise-Michel, vers 1913En 1976, Aron en devient le seul propriétaire. Ce dernier possède aussi le restaurant Poccardi, 9 boulevard des Italiens à Paris, l'une des grandes tables parisiennes des années 1950 à 1970, remplacé actuellement par un établissement moins prestigieux appartenant à une chaîne connue. Du temps de Ernest Aron, la maison de Bois d'Arcy est le cadre de réceptions qui accueillent de nombreuses personnalités du spectacle. L'un des hôtes les plus remarqués par les habitants de notre ville sera sans conteste un certain Lucien Ginsburg, plus connu sous le nom de Serge Gainsbourg. En 1977, la propriété est acquise par les propriétaires actuels.

La demeure n'a guère changé depuis le Second-Empire et la façade se présente encore à nous telle qu'elle figure sur une carte postale de 1913. Le réaménagement de la place de l'église l'a d'ailleurs récemment remise en valeur par la suppression du disgracieux poteau de ciment qui la masquait en partie. Seules une véranda datable du XIXe siècle et une piscine des années 1930 ont été supprimées en raison de leur vétusté. Le puits placé dans la cour, comme c'est le cas dans de nombreuses maisons arcisiennes, correspond en fait à une citerne. à mon ami Jean Allain

Éric THIÉBAUD
Sources : Archives communales, Registres d'état-civil Archives  départementales : 3P3 183
Remerciements à Monsieur et Madame Gavello.

Le 88, avenue Jean-Jaurès, une maison de maçon (enfin presque).Le 88, avenue Jean-Jaurès, une maison de maçon (enfin presque).Maisons de Bois d'Arcy 88, avenue Jean-Jaurès
Située entre le local des pompiers et une construction plus récente, c'est l'une des rares maisons anciennes qui subsistent dans notre commune à l'est de la rue Alexandre Turpault. On la remarque à peine, tant sa façade est discrète. L'enduit a pourtant été refait récemment, mais dans le plus pur respect de la tradition. Quant à la toiture, elle a conservé sa couverture de petites tuiles plates anciennes.

Ami lecteur, si vous suivez régulièrement cette rubrique du journal de Bois d'Arcy, vous connaissez déjà l'un des occupants de cette demeure au XIXe siècle. Il s'agit de Louis-François Pinson. Ce dernier a vécu ici et fera construire plus tard la grande bâtisse de la place de l'église (voir l'article de Bois d'Arcy le Journal n°20. Novembre/décembre 1999). Contrairement à ce que j'annonçai alors, Louis-François n'a pas pu naître dans cette maison puisqu'elle n'a été construite qu'en 1843. Errare Humanum est. En revanche, c'est bien son père François Pinson, maçon, qui a édifié le bâtiment dans lequel il a vécu avec son fils. Ce dernier en deviendra propriétaire en 1845, avant de le vendre à François Xavier Julien Pinot, musicien au Bataillon de Chasseurs à Pied de la Garde Impériale.

Voici un propriétaire peu ordinaire dans un petit village tel que Bois d'Arcy sous le Second Empire. La garde impériale, créée sous Napoléon 1er, avait été licenciée au retour de Louis XVIII. En 1854, elle est reconstituée par Napoléon III. Pour y être admis, un soldat doit alors justifier de bonne conduite pendant au moins deux ans de service dans l'armée. Voilà qui nous renseigne un peu sur Pinot. En raison de sa fonction, notre musicien n'occupe pas sa propriété arcisienne. Il vit à Paris, prêt de l'empereur. Peut-être cette demeure est-elle sa maison de campagne ? ou bien tout simplement un investissement destiné à la location ? Les documents manquent pour trancher.
Le 27 octobre 1870, la garde impériale est supprimée. Pinot est révoqué et vend sa jolie demeure. Celle-ci retourne à un maçon, Louis Largemin, qui vit à Saint-Cyr-l'École. Il est cité à Bois d'Arcy une seule fois, lors de son mariage le 26 juillet 1865 avec Angelina Marie Liou, sœur et belle sœur de maçon (Louis Adrien Liou et François Victor Bauguin). Dix ans plus tard, la maison appartient à un autre maçon, Hilaire Mancheron, né à Magny-les-Hameaux en 1823 et mort chez lui à Bois d'Arcy le 29 octobre 1888 à l'âge de 64 ans.
En 1889, elle passe à un cinquième maçon, Auguste Léon Durand, âgé de 42 ans. Lui aussi est cité dans notre ville une seule fois lors de la naissance de son fils Alfred Léon en 1877. Il ne semble donc pas avoir résidé dans sa maison. La propriété est tout simplement un héritage de son épouse, Joséphine Augustine, exerçant la profession de couturière et fille d'Hilaire Mancheron. Celle-ci, devenue veuve, vend la demeure en viager à Georges Auguste Mille, épicier. La veuve de ce dernier la vend à son tour à Paul Genety, commerçant. Une fois encore, ce dernier n'habite pas Bois d'Arcy. Il vit d'abord à Vélizy, puis à Saint-Cyr-l'École. Il vend la maison à Maurice Emile Sallou qui la cédera à son tour aux propriétaires actuels.

Cette maison aura ainsi été la propriété de maçons de façon presque continue de 1843 jusqu'au début du 20e siècle. Mais malgré son charme, elle n'a guère été occupée par ses propriétaires successifs. Ajoutons que, comme bien des demeures arcisiennes, elle possède une citerne. Quant au four à pain, il a été supprimé avant l'arrivée des propriétaires actuels.

Eric Thiébaud
Remerciements à Monsieur et Madame Bourquard, actuels propriétaires.
Sources : Archives Dép. : 3P3 183, Archives communales : Registres d'État-Civil.

Pôle JeunesseZoomPôle JeunesseVie de quartier : à propos du Pôle Jeunesse !
Le bâtiment du Pôle Jeunesse étant achevé, le quartier de la ferme de la Tremblaye revêt un peu plus son aspect définitif, souhaité par les Arcisiens et la municipalité. Oubliée la ferme en ruines, disparu le disgrâcieux et peu commode préfabriqué qui renfermait la bibliothèque. Comme il semble loin le temps où le secteur était recouvert par les champs, les prés et les mares ! Il est tout à fait séduisant de voir à nouveau le quartier devenir un lieu de vie, ce qu’il était déjà au... Moyen-Âge.

Certes on passe de la communauté rurale à un ensemble consacré à la jeunesse et à la culture, mais le site retrouve son rôle structurant. Au XVe siècle, Bois d’Arcy était constitué de deux pôles bien distincts, le village du bois d’Arcis et le hameau de la Tremblaye. C’est le développement simultané de ces deux communautés qui explique l’absence d’un véritable « centre ville », la jonction s’étant opérée seulement au XXe siècle. La Tremblaye -ou la Tremblée, sur les plans du XVIIIe siècle- est avant tout un lieu planté de trembles (peupliers dont les feuilles « frissonnent au moindre souffle », dixit le Robert). Il s’agit aussi au Moyen-Âge d’une seigneurie, celle de Coustes, constituée de plusieurs fiefs : Bateste, Argal et Les Lays. L’endroit comprend « hostel » et moulin, « château, colombier et basse-cour ».

Et que fait-on alors à la Tremblaye ? On élève des moutons... En 1353, « 60 bêtes à laine » paissent sur les terrains où s’élèveront bien plus tard des immeubles et le collège. À propos de collège, à partir de 1499, la seigneurie de La Tremblaye est cédée à celui de Montaigu. Ainsi les revenus des terres du futur pôle culture-jeunesse vont-ils servir à financer l’éducation des 200 étudiants pauvres du célèbre établissement parisien. Mais quelle différence de traitement entre les élèves du collège Mozart et ceux de Montaigu... Dans celui-ci, toute faute était punie du fouet. Erasme qui y a été élève, rappelle la fois où un enfant fut obligé de manger des excréments humains avant d’être suspendu tout nu, puis roué de coups et laissé pour mort.À méditer, chers élèves arcisiens ! Le sinistre collège conserverala Tremblaye jusqu’en 1705.

Ensuite, Louis XIV se portera acquéreur de la seigneurie. Plus près de nous, les années 1960 voient la construction des 340 logements de la résidence de la Petite Tremblaye. Lors de la décennie suivante le collège Mozart est édifié et en 1984 la bibliothèque municipale est installée dans un préfabriqué situé à l’emplacement exact du Pôle-Jeunesse. On se souvient du local devenu rapidement inadapté qui fonctionna néanmoins jusqu’en 1998, année de l’achèvement de la Bibliothèque de la Tremblaye. Ainsi ce quartier, peut-il redevenir légitimement le lieu phare qu’il était il y a cinq siècles, la dimension « jeunesse et culture » étant étroitement liée à son passé médiéval.

Nom des rues situées autour du pôle jeunesse :
- Rue du Parc : ancienne “rue aux vaches” (XIXe).
- Rue Etienne-Jules Marey : ancienne rue Karl-Marx (1936).
- Rue E.-J. Marey : est l’inventeur de la chronophotographie (ancêtre du cinéma).

Éric THIÉBAUD

Association “Guttus et Galactophores” ZoomAssociation “Guttus et Galactophores” Guttus et Galactophores : l’allaitement à Bois d’Arcy du XVIIe au XIXe siècle
Le dossier consacré à la Petite Enfance dans ce journal est l’occasion pour nous de découvrir l’histoire de l’allaitement à Bois d’Arcy. Éric Thiébaud, président de la toute jeune association de collectionneurs de biberons “Guttus et Galactophores”, s’intéresse ici tout particulièrement au rôle des nourrices arcisiennes depuis le XVIIe siècle.

Depuis la préhistoire, les mères allaitent. L'usage du biberon semble apparaître dès l'époque néolithique. En France, le recours à la nourrice -longtemps l'apanage des classes aisées- se développe à la fin du XVIIIe. Sur 2100 bébés parisiens nés en 1780, 90% sont envoyés deux ans ou plus en nourrice à la campagne. L'administration a beau s'efforcer de contrôler ces échanges, c'est le principe du profit maximum qui prévaut. Bien souvent les nourrices, au lieu de donner leur propre lait aux jeunes enfants, n'hésitent pas à les alimenter avec du lait animal ou de la farine diluée dans de l'eau. Elles mettent aussi de l'alcool dans les bouillies ou enduisent leurs mamelons d’opium pour endormir les bébés. Peu à peu, les familles de la bourgeoisie préfèrent le service d'une nourrice à domicile. C'est à la fin du XIXe siècle que la propagation de l'usage du biberon entraîne la réduction progressive - mais non l'abandon - de la pratique nourricière.

Les registres paroissiaux de Bois d’Arcy citent de nombreux enfants morts en nourrice aux XVIIe et XVIIIe siècles. Si certains sont originaires de Paris, la majorité provient alors de Versailles. Les parents sont soit des artisans trop occupés pour allaiter leur progéniture et pas assez aisés pour disposer d'une nourrice à domicile, soit des commensaux du roi de France. Ainsi, certains sont perruquiers, maîtres chaudronniers, cabaretiers, marchands de vin ou bouchers, alors que d'autres sont musiciens du roy, gardes-suisses, chefs de cuisine, palefreniers, officiers de la reine, écuyers ou grands valets de pied.

Les noms des pères nourriciers figurent parfois dans les registres (Pierre Blondeau, Jean Lesparez, Gabriel Suret...), mais pas ceux des nourrices, leurs épouses. Pierre Josse, journalier, est le plus souvent nommé sous Louis XIV. Quatre nourrissons meurent chez lui entre 1690 et 1715.

Exposition de biberons anciens le 8 avril 2006ZoomExposition de biberons anciens le 8 avril 2006Au XVIIIe siècle, les bébés confiés à des nourrices de Bois d'Arcy sont de plus en plus nombreux, confirmant une tendance générale. Cette habitude est très répandue à la cour comme le note en 1770 le roi Louis XV en personne : “Ce n'est pas dans notre usage dans ce pays-ci que les mères nourrissent leurs enfants, cependant ce goût là a pris à quelques unes de nos jeunes femmes, les unes s'en sont bien trouvées les autres mal. Je ne puis le conseiller, ni le déconseiller”.

Dix-huit jeunes enfants meurent en nourrice à Bois d'Arcy pendant son règne. Les bébés sont placés alors très tôt après leur naissance et restent chez la nourrice parfois très longtemps comme les deux frères Ravache, morts à deux ans et quatre mois pour le premier et presque quatre ans pour le second. Au XIXe siècle la profession de nourrice “s’industrialise” au détriment de parents de condition modeste : domestiques, commis ou épiciers. Les nourrices parfois n'allaitent même plus et pourtant accueillent plusieurs nouveaux-nés simultanément. En 1859, l'une d'elles- à Bois d’Arcy- voit mourir chez elle à trois jours d'intervalle le petit Léon Adam (10 mois) et Joséphine Roussel (16 mois).

Bois d'Arcy a certainement connu très tôt l’usage du biberon, employé par les mères comme par les nourrices. Au XVIIIe siècle, il est de formes et de matériaux très variés. Certains sont en verre soufflé, d'autres en céramique émaillée ou non, d'autres encore en étain. La tétine est en général constituée d'un "drapeau", petit bout de chiffon tortillé, noué à l'extrémité du bec du biberon. Parfois trop serré, il laisse difficilement passer le liquide et en revanche retient le lait caillé. Le XIXe siècle voit la généralisation du biberon en verre moulé à tétine de caoutchouc. On peut supposer que Bois d'Arcy connait alors la vogue du célèbre "Robert" qui laissa ensuite son nom au mot d'argot désignant les seins.

À la fin du XIXe siècle, le biberon à long tuyau provoquera des ravages chez les nourrissons au point qu'on le surnommera le “tueur de bébés”. En effet,le faible diamètre du tube rendait impossible tout lavage et sa longueur épuisait l'enfant qui tétait. Il sera interdit en 1910.

Depuis, les mères arcisiennes peuvent allaiter ou donner le biberon sans risque pour la santé de leur bébé. Quant aux anciennes nourrices “tueuses d'enfants”, elles ont disparu au profit des assistantes maternelles qui peuvent alimenter les jeunes enfants au biberon dans des conditions d'hygiène optimales.

Éric THIÉBAUD