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Le monument le plus prestigieux de Bois d'Arcy est certainement l'église Saint-Gilles. Elle est citée pour la première fois en 1203 "in Ecclesia Sancti Egidii ultra nemus" (traduction : à l'église Saint-Gilles de l'autre côté du bois). Commencée à la fin du XIIe siècle, sa construction se poursuivit jusqu'au XVIe. Sa dédicace eut lieu le 2 septembre 1541 "sous le titre de Saint-Gilles et Saint-Loup comme l'était l'ancienne, par Charles, évêque de Mégare, qui statua que l'Anniversaire serait célébré le même jour". C'est là l'origine de notre fête de la Saint-Gilles (voir Bois-d'Arcy le Journal. Juillet/août 1998). La cloche fut fondue en 1604.

L'édifice étant devenu propriété communale à la Révolution, son entretien incombe désormais à la ville. Il figure au budget pour la première fois en 1820 (sous Louis XVIII) pour 100 francs. Les années suivantes, d'autres sommes aussi modestes sont votées. Comme elles paraissent insuffisantes, la municipalité juge plus sage de demander en 1827 un devis à un architecte de Versailles, Lehuby. Mais le conseil rejette la proposition de l'architecte "l'église n'étant pas dans un état de délabrement tel qu'il le présente par son devis et disproportionnée à ses moyens". Ainsi, la toiture continue à se dégrader et il faut débourser de fortes sommes pour la réparer dans l'urgence en 1831. En 1834, il faut bien revenir au devis de Lehuby s'élevant à 2940 francs. En effet, les voûtes menacent alors de s'effondrer. Une imposition extraordinaire est décidée.

En novembre 1839, en raison des dégâts "occasionnés par les vents" (déjà...), il faut renouveler 2000 tuiles. La première horloge du clocher est offerte par le maire Alfred Dailly en 1865. Elle sera remplacée par une autre -électrique- en 1936 à l'initiative d'Alexandre Turpault. En 1867, l'église est restaurée sous la direction de Blondel, architecte de Versailles. En 1896, la cloche étant fêlée, il est nécessaire de la refondre. Elle devra l'être malheureusement à nouveau en 1984, à la suite de l'incendie du clocher. L'extension de l'église a eu lieu de 1967 à 1969. Depuis, des travaux de restauration (enduits et toiture) ont permis de redonner en partie à l'édifice son aspect d'origine.

Petite visite

À gauche en entrant, le bénitier de marbre blanc en forme de coquille date probablement du XVIIIe siècle. La nef est couverte d'une voûte de bois en berceau, supportée au nord par des arcs brisés reposant sur deux colonnes à chapiteaux gothiques primitifs. Si l'on regarde attentivement le dessus du chapiteau de la première colonne à gauche, on note le départ de trois nervures. C'est l'indication d'une voûte sur croisées d'ogives disparue ou plus certainement prévue à l'origine et non réalisée. Le choeur à chevet plat est couvert de deux voûtes quadripartites sur ogives de la fin du XIIe siècle.

Le bas-côté nord est typique des constructions romanes. Il présente des murs épais percés de petites ouvertures ainsi qu'une voûte (au fond) supportée par deux arcs-doubleaux en plein cintre. Les vitraux ne datent que du XIXe siècle. Ils sont l'oeuvre de Dupin, à Versailles. Au fond, l'autel et le tabernacle du XVIIIe siècle proviennent de l'ancien maître-autel. Le tabernacle est sculpté du nom de Dieu en Hébreu placé dans le triangle de la Trinité (parallélisme entre Ancien et Nouveau Testament). L'Agneau de Dieu rappelant le sacrifice de Jésus et les pampres de vigne évoquent l'Eucharistie.

Le bas-côté sud, avec ses grandes fenêtres sans vitraux, est caractéristique de la Renaissance. Ses voûtes d'ogives du XVIe siècle (du même modèle que celles de Saint-Maclou de Pontoise) reposent sur des colonnes à chapiteau dans le goût antique. Dans les deux angles sud, les nervures sont supportées de façon originale par des corbeilles à godrons surmontées de volutes et d'oves. Les éléments les plus remarquables sont les deux clés pendantes placées à l'intersection des nervures de la voûte et ornées de personnages sculptés en bas-relief. Les figures, en raison de leur emplacement, sont difficiles à identifier. On reconnait néanmoins une Vierge à l'Enfant du côté du choeur. Dans une niche, on peu remarquer les fonds baptismaux de marbre vert Campan qui avaient été livrés le 28 mai 1715 ! 

                                                                                                     Eric Thiébaud

Remerciements au Père Louis Ménard, curé de Bois d'Arcy, et à Madame Charrier. Sources, Archives Communales : délibérations du Conseil Municipal.
Abbé Leboeuf, Histoire du diocèse de Paris, 1748.


La voûte sur croisées d'ogives du chœur (fin XIIe siècle).

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